La Forêt de mon enfance n'était pas Brocéliande.
Il n'empêche qu'elle était habitée d'êtres de légendes.
Ils avaient une prise sur nos vies qu'on croit ou non à leur existence.
L'un d'entre eux nous faisait particulièrement peur.
Nos parents qui ne voulaient pas nous voir traîner après l'école, n'hésitaient pas à attiser notre crainte de Troad-Gouelvan.
-"Ne rentrez pas trop tard de l'école, à la nuit et vous risquez de marcher sur Troad-Gouelvan!"
rien que cette idée nous faisait frémir, le risque était considérable!
Ce Korrigan n'était dangereux qu'à son réveil.
Il dormait beaucoup et détestait qu'on le tira de son sommeil, fusse par accident.
De rage il pourchasserait alors tout homme qui se trouverait à proximité.
Le malheureux qui serait capturé serait déchaussé et Troad-Gouelvan mangerait un à un chaque orteil de sa pauvre victime.
Nous avions la certitude que tout ceux qui marchaient "tordu" dans le village, avaient dû subir la colère de Troad-Gouelvan.
Mais comment éviter ce korrigan qui avait pour habitude de fendre l'herbe, pour s'y glisser comme on entre dans son lit.
Cela le rendait presque invisible, seule sa tignasse rousse dépassait de son trou.
Chaque bosse, chaque taupinière, étaient suspectes nous scrutions tout du regard.
Et si chacun d'entre nous prétendait ne pas avoir peur, nous étions effrayés dès que nous trébuchions sur une motte, au cris d'alerte:"Troad-Gouelvan!!!", nous détalions comme des dératés sans nous retourner.
A la récréation de laprés-midi, nous serions nos lacets si fort, qu'il était impossible de les dénouer, j'avoue que certains dormaient avec leurs chaussures.
Jamais aucun ne fût amputé de ses orteil par le Korrigan.
Seul Erwan prétendit avoir été pourchassé sur des centaines de mètres jusqu'à la porte de son jardin. Sans vraiment le croire, ce récit fit le tour de toute l'école.
Il y a bien longtemps que j'ai quitté mon village, ma forêt et mon enfance, mais j'ai emporté Troad-Gouelvan.
Je n'aie plus peur, il m'habite depuis si longtemps, qu'il est devenu un intime ce cher mangeur d'orteils.
...
Il n'empêche qu'elle était habitée d'êtres de légendes.
Ils avaient une prise sur nos vies qu'on croit ou non à leur existence.
L'un d'entre eux nous faisait particulièrement peur.
Nos parents qui ne voulaient pas nous voir traîner après l'école, n'hésitaient pas à attiser notre crainte de Troad-Gouelvan.
-"Ne rentrez pas trop tard de l'école, à la nuit et vous risquez de marcher sur Troad-Gouelvan!"
rien que cette idée nous faisait frémir, le risque était considérable!
Ce Korrigan n'était dangereux qu'à son réveil.
Il dormait beaucoup et détestait qu'on le tira de son sommeil, fusse par accident.
De rage il pourchasserait alors tout homme qui se trouverait à proximité.
Le malheureux qui serait capturé serait déchaussé et Troad-Gouelvan mangerait un à un chaque orteil de sa pauvre victime.
Nous avions la certitude que tout ceux qui marchaient "tordu" dans le village, avaient dû subir la colère de Troad-Gouelvan.
Mais comment éviter ce korrigan qui avait pour habitude de fendre l'herbe, pour s'y glisser comme on entre dans son lit.
Cela le rendait presque invisible, seule sa tignasse rousse dépassait de son trou.
Chaque bosse, chaque taupinière, étaient suspectes nous scrutions tout du regard.
Et si chacun d'entre nous prétendait ne pas avoir peur, nous étions effrayés dès que nous trébuchions sur une motte, au cris d'alerte:"Troad-Gouelvan!!!", nous détalions comme des dératés sans nous retourner.
A la récréation de laprés-midi, nous serions nos lacets si fort, qu'il était impossible de les dénouer, j'avoue que certains dormaient avec leurs chaussures.
Jamais aucun ne fût amputé de ses orteil par le Korrigan.
Seul Erwan prétendit avoir été pourchassé sur des centaines de mètres jusqu'à la porte de son jardin. Sans vraiment le croire, ce récit fit le tour de toute l'école.
Il y a bien longtemps que j'ai quitté mon village, ma forêt et mon enfance, mais j'ai emporté Troad-Gouelvan.
Je n'aie plus peur, il m'habite depuis si longtemps, qu'il est devenu un intime ce cher mangeur d'orteils.
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Par jauzenque
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Publié dans : dessins dans la marge
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Communauté : bd-art
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